Chartres, 24 octobre : Centre-ville bouclé, alors c’est longue marche !
Samedi, la manifestation annoncée sur la plateforme de la coordination des Gilets Jaunes devait se réunir place des Halles mais, dans le sillage de nombreuses autres villes, le rassemblement a été déplacé sur la place Châtelet, à la surprise de beaucoup de manifestant·e·s. Une vingtaine de policiers veillaient à l’application de cette décision, de même qu’un autre groupe conséquent de policiers barrait la rue Delacroix, au niveau de la place des Épars. Le centre-ville était ‘’bouclé’’. On ne peut dire « protégé » alors qu’il n’y a pas eu de problèmes dans les manifestations précédentes.
Musique, chansons et paroles politiques
Devant le conseil départemental, le rassemblement est animé musicalement par un nouveau groupe qui cherche à grandir, la BAM, Brigade d’Action Musicale. Des chants puis des slogans sont repris par les manifestant·e·s. De courtes prises de parole dénoncent l’interdiction du centre-ville décidée par la Préfecture très tardivement, la veille au soir. Est dénoncée aussi ‘’cette société de fric qui marche que pour les riches.’’ Un appel est lancé pour réfléchir aux formes d’action. Un autre participant explique que le gouvernement et le climat répressif donnent des ailes à l’extrême droite : ‘’L’extrême droite, on la combat en combattant le capitalisme et toutes les mesures qui sont prises contre nous, contre les travailleurs et les lycéens.’’
Après plusieurs interventions musicales et des chants de lutte repris par une partie des manifestant·e·s, comme l’Hymne des Femmes et Le Pieu, après des slogans bien connus, il est décidé de bouger.
Une longue marche
Et les participant·e·s empruntent deux couloirs du boulevard de la Résistance, en direction de la place des Épars. Des policiers suivent sur la large allée de gauche. Les slogans se font entendre, les manifestant·e·s, finalement rejoint·e·s par d’autres personnes, arrivent place de la Porte Saint-Michel, entre le cinéma et le quartier piétonnier qui mène vers la place des Halles. Mais là encore, les policiers refusent le passage. Après un échange sans agressivité, le cortège, d’environ 250 personnes, se dirige vers la place Morard puis va suivre l’Eure jusqu’à la place Drouaise, en perturbant le cours habituel des voitures et des bus, et remonter vers la place Châtelet. Un long parcours que les manifestations empruntent dans les grands moments de mobilisation.
Des slogans sont repris avec conviction
« Y’en a assez de cette société qui sème la misère et la précarité », « C’est pas à l’Élysée, c’est pas dans les salons qu’on obtiendra satisfaction, c’est dans la rue, c’est dans l’action », « La rue elle est à qui ? Elle est à nous ! », « On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là !» « C’est pas l’éducation qui nous coûte cher, c’est les patrons et les actionnaires », « Du fric pour l’Éducation, pas pour les patrons », « De l’argent, il y en a, dans les caisses du patronat.» Et les marcheurs et marcheuses accompagnent le trompettiste en claquant des mains. Arrivé·e·s à quelques dizaines de mètres de la gare, le cortège est empêché par les policiers d’emprunter la rue Félibien qui y mène.
Le retour sur la place Châtelet conclut cette longue marche, elle ne semble pas avoir découragé les manifestant·e·s qui restent décidé·e·s à se retrouver la semaine suivante.
