Chartres : La lutte continue en musique !

Ce qui était annon­cé comme un sit-in devant le Théâtre de Chartres le 31 octobre s’est tout de suite trans­for­mé en ras­sem­ble­ment fes­tif sur le côté enso­leillé du bou­le­vard Chasles. La BAM, pour Brigade d’Action Musicale, jeune fan­fare mili­tante en for­ma­tion, a joué plu­sieurs  airs de chants de luttes et de chan­sons enga­gées repris par la foule : Bella Ciao,  Le Pieu,  Le Déserteur, L’Hymne des Femmes et Dirty Old Town. En cette jour­née d’Halloween, une manifestant·e s’est dégui­sée en Pikachu (qui vote Mélenchon !), une gamine en fan­tôme, d’autres sont gri­mées façon hor­reur. Une pan­carte donne sens à ces dégui­se­ments Le gou­ver­ne­ment fait plus peur que les monstres !

Le centre-ville tou­jours inter­dit de manif

Et c’est la fan­fare qui a mené tout natu­rel­le­ment les manifestant·e·s vers la chaus­sée inter­rom­pant la cir­cu­la­tion auto­mo­bile sur une voie en direc­tion de la place de la Porte-Saint-Michel. La rue Saint-Michel est bar­rée par un cor­don de poli­ciers qui inter­dit d’accéder au centre-ville, même inter­dic­tion d’aller vers la Gare. Comme la semaine pré­cé­dente le cor­tège a dû se résoudre à faire le grand tour par les bords de l’Eure en basse-ville.

La lutte en musique

Qu’à cela ne tienne, pas de las­si­tude avec la BAM qui appuie slo­gans et chansons :

► J’ai deux pas­sions / La fan­fare la révo­lu­tion / Se sou­te­nir construire le rêve / Que la terre entière se soulève!

► À bas l’État poli­cier ! À bas l’État poli­cier ! À bas !

► Même si Macron ne veut pas / Nous est là / Pour l’honneur des tra­vailleurs / Et pour un monde meilleur / On est là !

► Macron nous fait la guère / Et sa police aus­si / Mais on reste déter / Pour blo­quer le pays !

► Patron, patrie, patriar­cat  / Même racines, même combat !

► On fait caca, caca, caca sur Bardella, on fait pipi, pipi, pipi sur les nazis, on fait popo, popo, popo sur les fachos !

► Siamo tut­ti antifascisti !

Notons que les pan­cartes et les slo­gans ne font pas réfé­rence aux reven­di­ca­tions lycéennes ou des salarié·e·s qui sont dans les têtes mais à la répres­sion du pou­voir et à la menace de l’extrême droite. Les thèmes sociaux seront cer­tai­ne­ment beau­coup plus pré­sents lors de la mani­fes­ta­tion ini­tiée par l’intersyndicale pour le 5 novembre.

Rond-point tem­po­rai­re­ment occupé

Place Morard, le cor­tège d’environ 250 per­sonnes s’est enrou­lé autour du rond-point durant une dizaine de minutes pen­dant que danses et acro­ba­ties s’improvisaient sur le terre-plein. Une ambu­lance de pom­piers, à peine ralen­tie, a fran­chi sous les applau­dis­se­ments la chaus­sée sou­dai­ne­ment libé­rée. Et ain­si, jusqu’à la remon­tée vers la place Châtelet et la place des Épars où la mani­fes­ta­tion s’est dispersée.