Châteaudun : Un 1er Mai qui ne lâche rien

Environ 80 per­sonnes se sont retrou­vées place du 18-Octobre à Châteaudun pour le 1er Mai à l’appel de la CGT et de la FSU. Avec quelques militant·e·s de l’Union dépar­te­men­tale CGT, sa secré­taire Chantal Lefèvre a fait le dépla­ce­ment (bien qu’un autre ras­sem­ble­ment avait lieu à la même heure à Chartres) expli­quant, par ce geste, ‘’aller à la ren­contre de ceux qu’on entend trop peu et appor­ter notre sou­tien plein et entier à l’union locale CGT, un ancrage ter­ri­to­rial fort au ser­vice de ceux qui en ont le plus besoin […] La lutte des tra­vailleurs ne se concentre pas uni­que­ment dans les grandes agglo­mé­ra­tions, elle est par­tout, dans les zones rurales, dans les petits bas­sins d’emploi.’’

 

Le syn­di­ca­lisme obtient des victoires

 

Cette ana­lyse est étayée, avant la mani­fes­ta­tion, par Yves Benoist  (par­lant au nom du secré­taire de l’union locale CGT Patrick Fleury, souf­frant) qui explique que ‘’sans avoir d’élus au sein  [des agents] de la Ville de Châteaudun, elle est très lar­ge­ment sol­li­ci­tée par des sala­riés. Elle a été en action pen­dant la période du maire Fabien Verdier.’’ Il fait le point sur plu­sieurs pro­cé­dures judi­ciaires enga­gées : ‘’Sept pro­cès devant le tri­bu­nal admi­nis­tra­tifs pour les primes de départ en retraite non ver­sées, deux affaires pour des primes de médailles du tra­vail non ver­sées.’’ Il pour­suit : ‘’Nous pou­vons être fiers de vous infor­mer que sur les deux dos­siers primes de médailles du tra­vail le tri­bu­nal d’appel de Versailles nous a don­né rai­son […] les primes seront payées !’’

 

Éloge du front uni

 

Dans sa prise de parole, Kévin Tanguy de la FSU, en plein accord avec la CGT, lance ‘’Unissons-nous pour nous oppo­ser à la fin du 1er Mai chô­mé […] Seuls nous sommes impuis­sants mais ensemble nous pou­vons tout ! […] Il nous faut un front uni des tra­vailleurs de tous les pays contre la bour­geoi­sie.’’ Rappelant les attaques inces­santes du pou­voir contre les sala­riés, l’orateur reprends le slo­gan ins­crit sur la nou­velle ban­de­role syn­di­cale : ‘’Foutez-nous la paix ! […] Nous vou­lons plus de pognon et moins de canons !‘’ Argent pour les ser­vices et bâti­ments publics et, pour des médi­ca­ments rem­bour­sés, par exemple. Enfin, Kévin Tanguy fus­tige le Rassemblement National qui ‘’mobi­lise des affects natio­na­listes en oppo­sant les ‘bon fran­çais’ à ceux qui ne le seraient pas’’ et qui est sui­vie par la macro­niste ‘’Aurore Bergé qui emprunte les pro­pos de Charles Mauras (fon­da­teur de l’Action Française) quand elle parle de l’Anti-France !’’

 

Petite visite devant la sous-préfecture

 

Ces prises de paroles ache­vées, un cor­tège se forme et, après trois quart de tour de la place, se rend devant la sous-pré­fec­ture, au son de la sono qui dif­fuse des chan­sons com­bat­tives comme ‘’On lâche rien’’ ou ‘’C’est dans la rue qu’ça s’passe.’’  Là, une motion repre­nant les argu­ments déve­lop­pés dans les prises de parole est glis­sée dans la boîte à lettres du repré­sen­tant de l’État. Par la rue de Varize et la rue de la République, la mani­fes­ta­tion revient à son point de départ pour écou­ter les groupes de rock EoN et Narcose dont une par­tie des musi­ciens sont dans les deux for­ma­tions. Les oreilles sont réga­lées, comme les papilles car en même temps est ser­vi un pot de l’adelphité1.

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1. Terme employé par Kévin Tanguy dans sa prise de parole et qui signi­fie ‘’soli­da­ri­té entre sem­blables, qu’iels soient femmes, hommes ou per­sonnes non-binaires.’’