Chartres : Coup de collier avant la pause d’été pour la loi intégrale anti-VSS

Une nou­velle mobi­li­sa­tion pour une loi inté­grale contre les vio­lences sexistes et sexuelles visant les femmes et les enfants a eu lieu, comme dans de nom­breuses villes de France, ce 4 juillet à Chartres. Le ras­sem­ble­ment s’est fait place des Halles. Il était pré­vu une marche pas­sant devant le Palais de Justice (où se sont tenus les pré­cé­dents ras­sem­ble­ments) mais la cha­leur et les  négo­cia­tions avec les auto­ri­tés ne l’ont pas per­mis. Les manifestant·e·s ont emprun­té un par­cours plus tra­di­tion­nel : la rue Mathurin-Régnier, l’allée du bou­le­vard Chasles, la place des Épars, le Chemin de Mémoire, pour abou­tir à la place Châtelet.

Malgré le début de juillet, c’est une cen­taine de per­sonnes qui ont répon­du à l’appel d’En lutte pour Nous Toutes 281. Sous une forte cha­leur, de pre­mières prises de parole ont été pro­non­cées avant le départ.

Suivre l’exemple espagnol

Nous Toutes 28, en réfé­rence à l’annonce de la dis­cus­sion de la loi inté­grale à l’Assemblée natio­nale en com­mis­sion en sep­tembre et en séance plé­nière début octobre,  sou­ligne que ‘’c’est une vic­toire d’étape qui nous prouve que la mobi­li­sa­tion paie. Mais nous res­tons vigilant·e·s tant que la loi n’est pas […] votée et sur­tout assor­tie de moyens sub­sé­quents.’’  L’association fémi­niste invite le gou­ver­ne­ment à suivre l’exemple de l’Espagne qui ‘’a adop­té une telle loi en 2004 […] En pre­nant le pro­blème au sérieux et en se don­nant les moyens, elle a réus­si pro­gres­si­ve­ment à faire chan­ger la socié­té.’’ Les 10 points résu­mant la pro­po­si­tion de loi inté­grale sont lus.

Le rôle cru­cial de l’école

La FSU tient à affir­mer que ‘’l’école joue un rôle cru­cial dans la pré­ven­tion’’ et que ‘’la géné­ra­li­sa­tion effec­tive de l’éducation à la vie affec­tive, rela­tion­nelle et sexuelle (EVARS) consti­tue un levier majeur pour lut­ter contre les sté­réo­types sexistes, pro­mou­voir l’égalité et faire connaître leurs droits aux enfants’’ mais que ‘’cette ambi­tion ne peut deve­nir réa­li­té sans moyens’’ avec notam­ment la ‘’créa­tion mas­sive d’assistant·e·s de ser­vice social, psy­cho­logues et infir­mières de l’Éducation nationale.’’

Le cor­tège se forme alors der­rière la tra­di­tion­nelle ban­de­role vio­lette et se met en route. En jaillissent les habi­tuels slo­gans, comme  ‘’Le fémi­nisme n’a jamais tué per­sonne, le machisme tue tous les jours !’’ ou ‘’Violeur on te voit, vic­time on te croit.’’

Pour une poli­tique publique ambitieuse

Au ter­mi­nus, on s’agglutine à l’ombre des arbres péri­phé­riques de la place Châtelet pour entendre les deux ultimes décla­ra­tions, celle  du MRAP d’abord : ‘’ Le MRAP est  un mou­ve­ment  né en 1945  pour lut­ter contre toutes les formes de racisme et  de colo­nia­lisme. Il milite pour l’a­mi­tié entre les peuples libres, libé­rés et en lutte pour leur libé­ra­tion. C’est pour­quoi aujourd’­hui nous  sommes soli­daires de  la reven­di­ca­tion d’une loi cadre inté­grale […] qui témoi­gne­ra  d’une véri­table poli­tique publique, conti­nue, ambi­tieuse, et coordonnée.’’

Attention par­ti­cu­lière aux enfants et aux femmes marginalisées

Enfin, Amnesty Chartres s’engage ‘’à l’occasion de l’examen de la loi en sep­tembre’’ à veiller ‘’tout par­ti­cu­liè­re­ment sur l’imprescriptibilité des crimes de vio­lences sexuelles à l’égard des enfants, sur l’augmentation du finan­ce­ment […] des asso­cia­tions spé­cia­li­sées dans la pré­ven­tion et la lutte des vio­lences faites aux femmes […] et sur l’adoption d’un plan d’action glo­bal de lutte contre les VSS et contre les entraves aux dépôts de plaintes, plan d’action éla­bo­ré sur ces bases en pre­nant notam­ment en compte l’ensemble des dis­cri­mi­na­tions subies, en par­ti­cu­lier par les femmes mar­gi­na­li­sées et sur­ex­po­sées aux vio­lences (tra­vailleuses du sexe, migrantes, trans).

Rendez-vous est donc don­né en sep­tembre pour renou­ve­ler la pres­sion sur le gou­ver­ne­ment et la repré­sen­ta­tion nationale.

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  1. L’appel était éga­le­ment signé par la Ligue de l’Enseignement d’Eure-et-Loir, Amnesty International-Chartres, le comi­té local du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), les fédé­ra­tions dépar­te­men­tales de la FSU et de Solidaires et par LFI et Chartres-Écologie.