Chartres : La mobilisation pour la loi intégrale a repris
Après deux mois d’interruption pendant l’été (le dernier rassemblement à Chartres remontait au 4 juillet), la mobilisation pour une loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants a repris ce 7 septembre à 19 h. devant le Tribunal judiciaire de Chartres. Une cinquantaine de personnes, très majoritairement des femmes, a répondu a l’appel lancé par l’association En lutte pour Nous Toutes 28.
On lâche rien !
C’est Clairvie Guillou qui a débuté la prise de parole de l’association en proclamant : ‘’On lâche rien parce que la loi intégrale entame aujourd’hui son parcours parlementaire […] parce que pour mettre en œuvre une vraie politique de prévention des violences, de l’argent il en faut […] parce que nous voulons rester en alerte et suivre le parcours législatif de cette proposition de loi.’’
Un continuum de domination
Anne-Sophie Taulier, secrétaire de l’association féministe, poursuit en présentant les motifs préalables de la proposition de loi : ‘’Les violences sexistes et sexuelles constituent l’une des atteintes aux droits humains les plus massives et les plus tolérées. Personnellement, j’ajouterais ignorées, voire niées […] La lutte contre les violences faites aux femmes est indissociable des violences faites aux enfants. Elles relèvent d’un même continuum de domination.’’
Les différents volets de la proposition de loi
Elle résume rapidement les différents volets de la proposition. D’abord, recensement de ‘’l’ensemble des violences sexistes et sexuelles ainsi que des violences intrafamiliales en reconnaissant leur diversité, leur continuité, leur caractère systémique.’’ Le deuxième volet ‘’entend réformer le système judiciaire et de police […] création de véritables juridictions spécialisées, formation obligatoire des professionnels du droit […] amélioration de l’aide juridictionnelle apportée aux victimes.’’ Le troisième volet ambitionne de ‘’renforcer la réponse pénale’’ en créant, notamment, ‘’un crime spécifique d’inceste élargi aux cousins germains’’ et en augmentant la protection des enfants, par exemple ‘’chaque enfant victime ou exposé à des violences sera identifié, entendu, protégé et accompagné sur le long terme.’’ Les cinquième et sixième volets ‘’se penchent sur l’enseignement supérieur et le monde professionnel.’’ Le septième volet est consacré à la santé, avec en particulier ‘’dans chaque département un centre de prise en charge pluridisciplinaire.’’ Enfin, des dispositions spécifiques viennent combler les angles morts du droit, ‘’tels que les mariages forcés, les violences subies par les personnes étrangères et/ou en situation de handicap.’’
On trouvera un résumé plus copieux de la proposition de loi ici et son intégralité sur le site de l’Assemblée Nationale.
Les violences de genre absentes de la proposition de loi
Clervie Guillou reprend la parole pour souligner un angle mort de la proposition : ‘’elle n’intègre nulle part les personnes LGBTQUIA+’’ victimes de violences de genre. Cependant, ‘’elle a le mérite d’exister et propose des avancées indiscutables si, et seulement si, les budgets nécessaires sont réellement alloués. Nous tenons à garder un pied dans la porte profitant qu’elle est entr’ouverte !’’
Slogans chantés, sur pancartes ou sur bitume
Au signal de Céline Prier-Chéron le slogan chanté ‘’Nous sommes fortes, nous sommes fières et féministes et radicales et en colère !’’ est répété de plus en plus vite. Avant le prochain rassemblement qui est fixé lors de l’arrivée du texte dans l’hémicycle, il est proposé que chacune et chacun s’adresse par mail aux parlementaires.
Le rassemblement s’achève par des inscriptions à la craie sur la chaussée devant le tribunal. Elles viennent s’ajouter aux pancartes posées sur les marches et les grilles.
