Refus de la misère avec ATD-Quart-Monde / place Saint-Pol / Nogent-le-Rotrou / 17 octobre / 17 h. 30
Place Saint-Pol
À NOGENT-le-ROTROU, ATD QUART MONDE invite la population à son rendez-vous annuel Place St-Pol. Rendez-vous qui, bien que régulier, ne manque pas d’apporter des éclairages différents avec les témoignages et la participation active des militant.es du Nogentais.
CE JEUDI 17 OCTOBRE 2024, 17h30, PLACE St-POL
EXTRAITS DE L’INTERVIEW de RESPONSABLES NATIONALES DU MOUVEMENT (par Le Café Pédagogique)
Marie-Aleth Grard et Monique Argoualc’h expliquent que Le Mouvement ATD Quart Monde a effectué en 2019 une recherche avec l’Université d’Oxford sur les dimensions cachées de la pauvreté, qui a montré combien la pauvreté n’est pas qu’une question financière. « Cette recherche effectuée dans 6 pays, montre que les droits sont indivisibles et combien les personnes vivent au quotidien souffrent des peurs, des souffrances, ont des compétences non reconnues, l’isolement, des contraintes d’espaces et de temps, et la maltraitance sociale et institutionnelle ».
Des DÉMARCHES PARFOIS INSURMONTABLES
Les personnes en situation de pauvreté et de précarité sont amenées bien plus souvent que les autres à devoir faire des démarches pour accéder à leurs droits ; or bien souvent leurs situations sont complexes, et n’entrent pas dans les cases. De plus la dématérialisation massive, non réfléchie, ni pensée pour et par les personnes qui y auront recours, ajoute une couche à la complexité des dossiers qui déjà posaient problème. Conséquence : pour le RSA, par exemple, il y aurait 34% de potentiels bénéficiaires qui ne feraient pas valoir leurs droits… Les personnes le plus souvent essaient, mais se découragent face à la complexité de la tâche.
L’ÉCOLE POUR TOUTES ET TOUS ?
l’Éducation Nationale fait subir des formes de maltraitance institutionnelle à son personnel. Manque de personnels, injonctions qui changent sans arrêt, formations qui ne sont plus que sur les fondamentaux, etc.
Pour les parents et élèves qui vivent la grande pauvreté, c’est trop souvent ne pas pouvoir choisir et suivre la scolarité de son enfant, ni l’orientation scolaire (pas les moyens informatiques, se retrouver seul devant un panel de professionnels pour l’avenir de son enfant). « C’est ce déterminisme social qui colle à la peau des enfants de familles qui vivent la grande difficulté au quotidien, dont on retrouve des fratries entières dans la même filière ! »
Contrairement à ce qui se dit souvent, les parents ne se désintéressent pas de l’avenir de leur enfant. Ils se sentent en situation d’infériorité. L’Ecole en France creuse les inégalités.
« Il est absolument essentiel, pour que professionnels et élèves cessent de subir la maltraitance institutionnelle, que tous les professionnels de l’école soient formés à la connaissance et à la compréhension de la grande pauvreté… »
« Il faut du temps pour se comprendre, créer la confiance et oser avancer ensemble pour que les enfants eux aussi osent rentrer dans les apprentissages proposés.”
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Image extraite du livret de poèmes documentaires, “La Maison Partagée”, Impression et édition par “Les Traceuses”. Vient de paraître !
