La mani­fes­ta­tion des per­son­nels de l’Éducation natio­nale, ce 26 jan­vier, a été pré­cé­dée d’une AG qui s’est tenue, situa­tion sani­taire oblige, en plein air devant le théâtre. Une grosse qua­ran­taine y ont par­ti­ci­pé et appor­té des témoi­gnages sur la situa­tion dans leur éta­blis­se­ment. Parmi d’autres, écou­tons Arnaud, AESH1 au col­lège de La Loupe : ‘’On tra­vaille avec de l’humain, on met ça au cœur de notre métier et on n’est pas recon­nu… Il fau­drait com­men­cer par une hausse des salaires et ensuite un vrai sta­tut.’’ Ou encore Frédérique du col­lège d’Illiers-Combray qui annonce un fort taux de gré­vistes en rai­son de la ges­tion de la crise sani­taire et d’une baisse des heures attri­buées pour le ren­trée pro­chaine ce qui va sur­char­ger les classes. Remarquée aus­si, la prise de parole de la direc­trice de l’école Jean-Macé de Châteaudun qui relaie l’inquiétude des ensei­gnants et des parents d’élèves concer­nant l’avenir de leur école (voir l’article consa­cré à la mani­fes­ta­tion de Châteaudun).

Les mani­fes­tants, arri­vés nom­breux (au moins 300) sur la fin de l’AG, ont alors occu­pé le bou­le­vard Chasles pour rejoindre la DDSEN2 après avoir bruyam­ment ani­mé le centre-ville avec des slo­gans ou des chan­sons sans conces­sions.   Par exemple :

’On va fer­mer des classes, et bien les surcharger

Bien bais­ser nos retraites, on d’vait être trop payés

On raconte par­tout qu’on est des bons à rien

Qu’on a assez d’vacances et puis qu’on ne fout rien

Refrain : On se fout bien de nous…’’

Ou

’Blanquer c’est sans condition

Plan d’urgence pour l’Éducation’’

Exigence affi­chée en lettres rouges sur la ban­de­role de tête et reprise par tous les inter­ve­nants (FSU, CGT, SUD-Éducation, FO) lors des prises de paroles finales. Chaque syn­di­cat insis­tant sur un aspect, la FSU remarque que la crise sani­taire ‘’isole les élèves les uns des autres’’ et donc qu’ils ‘’ont besoin de plus d’école… ce qui doit pas­ser par des créa­tions de postes’’.

La CGT-Éduc’action défend qu’ ‘’à l’aube d’un troi­sième confi­ne­ment, l’urgence d’une pro­tec­tion accrue des per­son­nels et des élèves s’impose avec la dif­fu­sion des nou­veaux  variants du Covid’’ et pointe le ministre Blanquer  qui ‘’rend des mil­lions à Bercy… en ne dépen­sant pas le bud­get qui [lui] a été attribué !’’

SUD-Éducation fus­tige le ‘’pseu­do Grenelle qui a ser­vi à noyer le pois­son alors qu’il n’apporte rien : une pro­messe de 400 mil­lions d’euros… pour 1 300 000 agents…cela ne fait que 29 € sur les salaires, de plus ce sont sur­tout des primes et non une aug­men­ta­tion de nos salaires…. Bon nombre de nos col­lègues sont oubliés : pro­fes­seurs docu­men­ta­listes, AED3, AESH.’’

Enfin, pour la FNEC-FP FO ‘’le gou­ver­ne­ment et l’administration gèrent l’école en mode dégra­dé’’ et elle exige « l’annulation des fer­me­tures et le ren­for­ce­ment des RASED4… l’ouverture de toutes les classes nécessaires.’’

Le ras­sem­ble­ment se conclut par un appel à réus­sir la grève inter­pro­fes­sion­nelle du 4 février.

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  1. Accompagnants des élèves en situa­tion de handicap.
  2. Direction dépar­te­men­tale des Services de l’Éducation nationale.
  3. Assistants d’éducation.
  4. Réseaux d’aides spé­cia­li­sées aux élèves en difficulté.