La jour­née de mobi­li­sa­tion de l’Éducation natio­nale du 26 jan­vier a été mar­quée à Châteaudun par une forte par­ti­ci­pa­tion à la grève dans le REP1 qui inclut les écoles Jean-Macé (élé­men­taire et mater­nelle fer­mées pour cause de grève) et le col­lège Anatole-France (grève très majo­ri­taire chez les pro­fes­seurs). C’est devant cet éta­blis­se­ment que les mani­fes­tants avaient ren­dez-vous, à 10 h. 30, pour for­mer un cor­tège héris­sé de pan­cartes et de ban­de­roles qui s’est ren­du jusqu’à la Sous-Préfecture, non sans avoir fait le tour de la place du 18-Octobre et pas­sé devant la Mairie.

Mais écou­tons Christelle Bissonnier, direc­trice de l’école mater­nelle expo­ser la situa­tion lors de l’AG de l’après-midi à Chartres : ‘’Le maire de notre com­mune veut fer­mer notre école, une école de 240 élèves qui ne perd pas d’élèves. Un pro­jet de recons­truc­tion était pré­vu par l’ancienne muni­ci­pa­li­té. Il n’a pas abou­ti parce que les OS2 n’ont pas pu être signés et le maire arri­vant, M. Verdier, a déci­dé, ni plus ni moins, d’abandonner ce pro­jet soit disant trop cher, sans plan B. Donc, ce qui se pro­file, pour l’instant, c’est la répar­ti­tion de nos élèves dans les autres écoles de Châteaudun, sachant que lui décrète qu’il y aurait 532 ou 542 places dis­po­nibles. Nous avons fait notre cal­cul : on n’en met pas plus de 100. Le cal­cul du maire a consis­té à divi­ser toute la super­fi­cie des écoles y com­pris salles des maîtres, salles de motri­ci­té, bureaux, toi­lettes et il a divi­sé par 2 m2 espace, selon lui, suf­fi­sant à chaque élève pour tra­vailler dans de bonnes condi­tions. Ce qu’on veut c’est une dis­cus­sion construc­tive sur une recons­truc­tion, un nou­veau pro­jet. Pour le moment, c’est très com­pli­qué avec des pres­sions média­tiques venant de la mai­rie et hiérarchiques…’’

Gwen Quemener, direc­trice de l’école élé­men­taire Jean-Macé, ajoute ‘’Les ser­vices de l’État ont aus­si leur res­pon­sa­bi­li­té. Ça fait 10 ans qu’on alerte sur la vétus­té des bâti­ments : en 2019 signa­ture du registre RSST3 sur le retrait pour dan­ger grave et immi­nent. On n’a eu aucune réponse de per­sonne. Ils veulent répar­tir 240 élèves d ‘une école de REP avec la moi­tié de familles qui n’ont pas de moyens de locomotion.’’

Quant au col­lège Anatole-France, il voit ses moyens pour la ren­trée 2021 mena­cés avec un retrait d’une ving­taine d’heures en ensei­gne­ment géné­ral et une classe en moins dans la SEGPA4.

Toutes ces annonces ont sus­ci­té l’indignation et ras­sem­blé 120 per­sonnes dans la marche reven­di­ca­tive5 où l’on notait la pré­sence de familles du sec­teur très inté­res­sées à la qua­li­té de l’enseignement don­né à leurs enfants et à leurs condi­tions d’apprentissage.

À l’ar­ri­vée à la Sous-Préfecture, une demande d’audience a été bruyam­ment récla­mée… seul un ren­dez-vous dans les pro­chains jours a été obtenu.

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  1. Réseau d’éducation prioritaire.
  2. Ordres de service.
  3. Registre san­té et sécu­ri­té au travail.
  4. Sections d’enseignement géné­ral et pro­fes­sion­nel adap­té accueillant des élèves recon­nus handicapés.
  5. Un ras­sem­ble­ment de 250 per­sonnes a déjà eu lieu le same­di 16 jan­vier devant la mairie.