Parlementaires au lycée Fulbert :
Divorce entre les citoyen·ne·s et leur politique

Le hasard fait par­fois bien les choses : le ras­sem­ble­ment contre la réforme des retraites pré­vu à 17 h. 30 devant la Préfecture ce 1er juin, coïn­ci­dait avec la venue au Lycée Fulbert de Chartres des séna­teurs et de la séna­trice Les Républicains Daniel Guéret, Albéric de Montgolfier et Chantal Deseyne et du dépu­té Renaissance Guillaume Kasbarian. Aussi, les mani­fes­tants, une soixan­taine à l’arrivée, se sont immé­dia­te­ment trans­por­té devant le lycée de la rue Saint-Chéron. Sur place, on retrouve essen­tiel­le­ment des militant·e·s de la FSU (avec dra­peaux) et de Solidaires. La rumeur indique que les élu·e·s sont bien encore à l’intérieur du lycée. On déploie une ban­de­role « Retrait de la réforme des Retraites ».

Commence alors une longue attente et un dilemme : par quelle porte (il y en a deux pos­sibles) les par­le­men­taires vont-ils sor­tir ? Les opposant·e·s décident de se sépa­rer en deux groupes qui se tiennent infor­més par télé­phone. Sporadiquement, une cas­se­ro­lade retentit.

Barrage for­cé par les policiers

Un peu avant 19 h. un car de police rentre par la porte Est, et quand  les poli­ciers sai­sissent leurs bou­cliers puis se mettent en cor­don, on est sûr que la sor­tie se fera par cette issue. Peu après 19 h., les pre­mières voi­tures offi­cielles se pré­sentent au por­tail, celles des séna­teurs Montgolfier, puis Guéret. Les manifestan·te·s font bar­rage. Les poli­ciers poussent sans ména­ge­ment dés­équi­li­brant des hommes et des femmes. Un poli­cier sai­sit la ban­de­role et la chif­fonne de colère. Les voi­tures s’engouffrent sous les sif­flets et les huées. Puis, c’est au tour de la voi­ture du dépu­té Kasbarian de bon­dir dans l’espace ouvert par la police… non sans rece­voir une bron­ca à son passage.

Fracture entre les citoyen·ne·s et leur politique

L’Écho répu­bli­cain pré­sen­tait le matin même la rai­son de la venue des élus dans le lycée : « Une table ronde sur la frac­ture entre les jeunes et la poli­tique ». On ne peut qu’être inté­res­sé par cette ques­tion au cœur d’un pro­jet péda­go­gique. Quand on observe le com­por­te­ment de ces poli­tiques qui cherchent toutes les argu­ties consti­tu­tion­nelles pour qu’un vote sur la réforme des retraites, hon­nie d’une grand majo­ri­té de Français·e·s, soit empê­ché à l’Assemblée natio­nale, on peut se deman­der s’il n’y a pas dans cette démo­cra­tie bafouée une rai­son du divorce entre la popu­la­tion, jeunes com­pris, et les ins­ti­tu­tions de la Vème République. Une petite mani­fes­ta­tion à la sor­tie d’un lycée n’était sans doute pas inutile pour le rap­pe­ler à tou·te·s.