Chartres : Contre les violences policières et pour la justice sociale

Exceptée la marche blanche ini­tiée par des jeunes du quar­tier popu­laire des Gauchetières à Nogent-le-Rotrou le 29 juin, c’était, ce 8 juillet, devant la Préfecture, la pre­mière mani­fes­ta­tion des orga­ni­sa­tions de gauche ou proches, dans notre dépar­te­ment, consé­cu­tive à l’assassinat de Nahel par un policier.

Une minute de silence a été obser­vée en début de ras­sem­ble­ment ‘’pour rendre hom­mage à toutes les vic­times des vio­lences policières.’’

 

Formulation consen­suelle

La décla­ra­tion com­mune, qui ras­semble le col­lec­tif AERéSP 281, les syn­di­cats FSU et Solidaires et les mou­ve­ments poli­tiques Ensemble!, La France Insoumise et le Parti com­mu­niste fran­çais, a été lue par Pierre Licout (FSU). Elle s’appuie sur la décla­ra­tion natio­nale ‘’ Notre pays est en deuil et en colère’’ mais a néces­si­té beau­coup de dis­cus­sions pour abou­tir à une for­mu­la­tion consen­suelle concer­nant le posi­tion­ne­ment sur les dégra­da­tions géné­rées par la révolte. Après une affir­ma­tion géné­rale ‘’L’escalade des vio­lences est une impasse et doit ces­ser’’. C’est la for­mu­la­tion sui­vante qui a été rete­nue : ‘’Si la colère à l’origine de ces révoltes est légi­time, nous n’approuvons pas la vio­lence à l’égard des biens et des per­sonnes par les­quelles ces révoltes ont pu se traduire.’’

 

Diagnostic et solu­tions partagées

Le diag­nos­tic, lui,  a été par­ta­gé sans long débat : la res­pon­sa­bi­li­té revient aux ‘’poli­tiques publiques dis­cri­mi­na­toires et sécu­ri­taires ciblant notam­ment les quar­tiers popu­laires et la jeu­nesse qui y gran­dit et par­ti­cu­liè­re­ment les per­sonnes raci­sées et pré­ca­ri­sées.’’ Large accord aus­si sur les solu­tions : ‘’l’urgence n’est pas celle de la répres­sion qui ne fera que ren­for­cer l’extrême-droite et fera recu­ler une fois de plus les droits et liber­tés. L’urgence est de repen­ser l’action publique et de construire de nou­velles poli­tiques de lutte contre les inégalités.’’

La décla­ra­tion exige notam­ment : ‘’l’abro­ga­tion de la loi de 2017 sur l’assouplissement des règles en matière d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre, une réforme en pro­fon­deur de la police, de ses tech­niques d’intervention et de son arme­ment.’’ Elle se conclut en pré­ci­sant que ‘’ rien ne peut cepen­dant se faire sans un autre par­tage des richesses, sans lut­ter contre les inéga­li­tés sociales.’’

 

Dans le centre-ville très fréquenté

Les 80 per­sonnes ras­sem­blées ont ensuite par­cou­ru le centre-ville, très fré­quen­té en ce same­di, der­rière une ban­de­role pro­cla­mant ‘’Justice pour Nahel – Stop au racisme – Égalité des droits’’ : place des Épars, rue du Bois-Merrain, rue Marceau, place du Cygne, rue Noël-Ballay. Parmi les slo­gans repris au long du par­cours, notons ‘’OQTF2, contrôle au faciès / Y’en a ras l’bol’’ ou ‘’Des ser­vices publics, dans tous les quar­tiers / des sub­ven­tions, pour les associations !’’

La mani­fes­ta­tion s’est dis­per­sée place des Épars avec la pro­messe de conti­nuer cette lutte dès la rentrée.

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  1. Accueil des Exilés et Régularisation des Sans-Papiers Eure-&-Loir.
  2. Obligation de quit­ter le ter­ri­toire français.