Les agent·e·s de la Protection de l’Enfance exigent des moyens pour assurer efficacement leurs missions
Les personnels départementaux de la Protection de l’Enfance (action sociale, ASE, PMI, travailleurs sociaux, administratifs…) étaient appelés par leurs syndicats (CFDT-Interco, CGT-Territoriaux, SNUTER-FSU, UNSA-Territoriaux) a se rassembler, ce lundi dès 8 h. 30 devant le Conseil départemental à l’occasion d’une journée de mobilisation suivie par plus de 120 grévistes.
Manque de moyens dans les services
Pourquoi devant l’hémicycle départemental ? Parce que s’y déroulait le vote du budget primitif 2025. Or, les syndicalistes l’ont rappelé dans leurs interventions devant les dizaines d’agent·e·s du département réuni·e·s, il faut ‘’accorder des moyens supplémentaires pour améliorer le dispositif autour de la protection dans l’intérêt des enfants et de leur famille’’ selon ‘’les préconisations issues des différents rapports et textes législatifs’’ (Benoît Ganivet, CFDT). Dominique Prier-Chéron (FSU) souligne ‘’depuis 2017, on dit attention à force de faire des services dégradés, ça va péter […] S’il n’y avait pas les collègues travailleurs sociaux, ça fait belle lurette que cette société, avec l’état dans lequel elle est, aurait explosé. On ne peut pas demander perpétuellement aux collègues de maintenir la paix sociale et ne pas leur donner les moyens.’’
Absence de réelle concertation

La responsable syndicale ne cache pas la dimension nationale du problème budgétaire mais elle fustige aussi le Conseil départemental d’Eure-et-Loir qui affirme que ‘’on ne peut pas faire autrement’’. Elle pointe aussi l’absence de vraie concertation prenant l’exemple de l’évaluation des informations préoccupantes (sur la situation d’enfants, suite au signalement par un·e enseignant·e, par exemple). Or, au niveau du département ‘’ça ne marche pas très bien, les délais sont un peu long, parce que les collègues n’ont plus le temps de faire correctement leur travail, et on ne peut pas l’accepter.’’ Pour résoudre le problème, le Département veut créer une cellule d’évaluation ‘’sauf qu’il veut le faire à moyens constants en allant chercher des gens dans les équipes !’’ Dominique Prier-Chéron explique qu’avec la grève et le rassemblement ‘’on espère que la collectivité va enfin cesser d’être droit dans ses bottes.’’
En tout cas, à chaque arrivée d’un·e élu·e, cris, sifflets, percussions retentissent ! Les manifestant·e·s ont pu pénétrer, à tour de rôle en raison de la jauge, dans la salle de réunion. Cependant, une prise de parole pour expliquer les raisons de cette présence a été refusée. Seule une délégation de 12 agent·e·s a pu rencontrer Bertrand Massot, vice-président du Conseil départemental en charge de l’enfance et de la famille, et la directrice générale adjointe des solidarités.
