Devant le lycée R.Belleau en défense du Pass Culture
Le monde de la culture est en ébullition depuis que le gouvernement Bayrou met en œuvre une austérité accrue et a demandé des économies aux collectivités locales, à commencer par les régions, lesquelles ont saigné les budgets consacrés à la culture. Dans tout le pays des mouvements de protestation se sont mis en place. Dans notre département, c’est le Perche qui est en pointe grâce, en particulier, à la CGT-Spectacle qui s’est organisée en SeLF (section locale fédérale). Deux évènements ont déjà été organisés le 19 décembre et le 27 février. Ci-après nous rendons compte d’une troisième action, sur le Pass Culture, devant le lycée de Nogent-le-Rotrou. Pour élargir et coordonner le mouvement, est prévue une réunion ouverte à tou·te·s le 2 avril à Lucé à l’appel de la CGT donc, mais aussi de la Ligue de l’Enseignement, de la FSU, de Solidaires, de TADAM !1 et du Synavi2.
“Le gouvernement coupe le robinet de financement”
Le 14 mars, devant le lycée Rémi-Belleau de Nogent, Sébastien Novac, artiste syndiqué à la CGT, présente le contexte du rassemblement : ‘’Aujourd’hui, on répond à un appel national de la CGT-Spectacle pour protester contre le gel des financements du Pass Culture3.’’ Mais ce recul va bien au-delà de ce dispositif : ‘’Le gouvernement ne fait plus descendre les budgets qui, à une époque, étaient directement collectés par les collectivités territoriales, notamment les taxes foncières et la taxe d’habitation. Le gouvernement coupe donc le robinet des financements ce qui fait que les lycées n’ont plus de financements pour vous [s’adressant aux élèves] emmener, par exemple, quand vous allez à Paris voir une pièce.’’ Et d’alerter : ‘’Si on coupe de tous les côtés tous ces budgets, il n’y aura plus, pour nous qui sommes dans des régions rurales, aucun accès possible à la culture […] On a tous été au cinéma, au théâtre grâce au collège, au lycée, à l’école et ça a toujours eu un impact, ça ouvre l’esprit […] La culture c’est un patrimoine tout autant que Notre Dame !’’
“Tout ce qui va mourir, c’est le bas”
Une artiste dit sa conviction : ‘’Ils veulent une culture qui soit contrôlable. Ceux qui sont tout en haut, qui brossent bien les pompes de ceux qui sont au pouvoir, ceux-là vont garder les sous. Et tout ce qui va mourir, c’est le bas’’ Ce bas où ‘’on discute avec les gens… On éveille les esprits… On laisse les gens libres de penser, de développer leur esprit critique.’’
Au détriment des élèves et des familles
Un lycéen, à partir de son expérience personnelle, montre ce qui est menacé : ‘’La semaine dernière, on a fait une sortie à Paris, on est allés dans un théâtre voir une pièce en turc qui était surtitrée en français sur la guerre en Syrie, c’était très intéressant. Ce sont des choses qui ne pourront peut-être plus se faire. Je voudrais bien que les autres puissent en profiter aussi.’’
Présente au rassemblement aux côté d’artistes, d’enseignant·e·s et d’élèves, la représentante de l’Association indépendante des parents d’élèves (AIPE) du collège Arsène-Meunier souligne que, non seulement les coupes budgétaires sur le Pass Culture, seraient impactantes sur la culture des élèves mais aussi sur le budget des familles qui auront du mal à compenser.
Ronan Douaud, professeur, délégué FSU, explique que, depuis la réforme du lycée, il y a une désorganisation qui laisse les enseignant·e·s dans l’ignorance des modifications jusqu’au dernier moment. ‘’Il y avait un truc qui était pas mal, c’était le Pass culture…’’
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- Fédération des professionnel.les des arts vivants d’Eure et Loir.
- Syndicat national des arts vivants.
- La part collective du Pass Culture a été fixée à 72 millions d’euros pour 2025 alors que les financements se sont élevés à 92 millions en 2024 et que le ministère de l’Éducation nationale a gelé à 50 millions l’enveloppe attribuée pour des actions jusqu’en juillet 2025.
