1er Mai à Châteaudun : Du local à l’international
Contrairement à 2024 qui avait vu le 1er Mai contrarié par la pluie, cette année, c’est sous un chaud soleil qu’une petite centaine de personnes se sont rassemblées sur la place du 18-Octobre partagée, en l’occasion, avec le traditionnel marché du jeudi.
Une fois les essais de sono du groupe rock invité terminés, se succèdent les prises de parole des deux syndicats organisateurs, la FSU et la CGT.
La fonction publique dans le colimateur
Kevin Tanguy, au nom de la fédération du secteur de l’éducation, souligne le contexte de ‘’la montée de l’extrême droite à l’échelle mondiale’’ et affirme qu’elles ‘’menacent le droit international, les droits sociaux, environnementaux et les libertés fondamentales, tout en favorisant les inégalités et les discriminations.’’ Il dénonce les ‘’mesures anti-fonctionnaires’’ du gouvernement (jour de carence, baisse de l’indemnisation des congés maladie, gel du point d’indice) et les ‘’40 milliards économies sur le dos des services publics’’ au budget 2026. Au plan local, ces attaques se concrétisent par des locaux réduits à peau de chagrin pour le CIO (Centre d’information et d’orientation) au détriment des jeunes et de leurs familles, et la volonté du Conseil départemental de fermer le collège Tomas-Divi. L’orateur exhorte les salariés à être offensifs : ‘’Allons réclamer le 100% sécu, le salaire à la qualification personnelle et une citoyenneté enrichie qui inclut le droit au travail’’ et il annonce pour le 13 mai une ‘’journée intersyndicale de mobilisation pour la foction publique, les salaires et les pensions.’’
La culture devenue une variable d’ajustement
Céline Amartin, pour la CGT-Spectacle, ajoute que ‘’dans le secteur du spectacle vivant et de l’enseignement artistique, c’est un plan de licenciement massif qui ne dit pas nom qui a déjà commencé […] le gel du pass culture c’est une catastrophe […] ce sont les plus pauvres les premiers touchés […] À l’heure où l’extrême droite et ses idées sont aussi forts sur la scène nationale et internationale, reléguer les politiques publiques en matière culturelle à des activités non essentielles est dangereux !’’
Économie de guerre ? Non, merci !
Enfin, Yves Benoist, au nom de l’Union locale CGT, comme Kévin Tanguy, évoque le contexte international avec la poursuite de la guerre de Poutine en Ukraine, le conflit israélo-palestinien : ‘’si l’on condamne les attaques du Hamas contre des civils, la politique de la droite israélienne menée par Netanyahou n’est pas plus tolérable […] le génocide en cours ne l’est pas non plus.’’ Visant les orientations gouvernementales, il dit ‘’Le monde du travail n’a rien à attendre d’une économie de guerre.’’
Non à la retraite par capitalisation !
Il s’arrête sur la question des retraites : ‘’On peut légitimement se poser la question de ce que font encore les syndicats réformistes dans le conclave de Bayrou, les syndicats des patrons remettant à l’ordre du jour, avec l’appui d’élus de droite, la capitalisation.’’
Chômage, mal-vivre au travail, à Châteaudun aussi
Il aborde enfin l’actualité dunoise. ‘’Quand les élus politiques du coin parlent d’attractivité du territoire, jamais ils ne parlent des salaires !’’ Autre gros problème, pour les agents municipaux (qui ont fait deux grèves ces derniers mois) : ‘’Le mal-vivre au travail, la pression qui s’applique deviennent inacceptables.’’ Yves Benoist annonce qu’une délégation FO-CGT va rencontrer le nouveau sous-préfet à ce sujet. Il commente aussi les chiffres du chômage pour le 1er trimestre 2025 : ‘’Châteaudun est en hausse de 2,8 % à 4010 chômeurs.’’
C’est ensuite le moment d’un apéritif musical sous le barnum prêté par la mairie tandis que le groupe rock Narcose interprète en plein air cinq ou si morceaux dont certains nettement engagés [voir la vidéo avec un titre sur les luttes des Irlandais].
