Chartres, 18 septembre : 1500 contre l’austérité
Le 10 septembre, à Chartres, n’avait reçu que l’appui de la CGT, de la FSU et de Solidaires et avait rassemblé lors d’une manifestation, non autorisée par le Préfet, au départ de la gare, qu’un peu plus de 200 personnes. Cette fois, l’Intersyndicale départementale au grand complet a mobilisé environ 1500 participant·e·s, retrouvant une jauge qui rappelle certaines manifestations de 2023 contre la réforme des Retraites. Nul doute que l’élargissement est encore possible si le gouvernement reste sourd aux exigences des syndicats : ‘’Bayrou est parti, toutes ses réformes et tous ses projets doivent partir avec lui !’’
Cette dette n’est pas la nôtre !
Les revendications sont rappelées lors de la prise de parole commune prononcée par Jean-François Paty (CGT) devant le Théâtre : ‘’Nous sommes mobilisés pour l’augmentation des salaires et des pensions, du public comme du privé, pour défendre notre Sécu, pour l’abrogation de la réforme des retraites.’’ L’Intersyndicale dénonce ‘’les reculs sociaux que le gouvernement veut nous imposer [pour] combler la dette qui a été creusée par les milliards de fonds publics offerts aux grandes entreprises […] cette dette n’est pas la nôtre […] les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit !’’ Et d’appeler ‘’à poursuivre la mobilisation, à nous réunir dans nos entreprises, dans nos services, dans nos écoles, pour établir les revendications et préparer la grève dans l’unité.’’
La santé est sous tension
Faisant entendre la voix des personnels de la santé, du médico-social et de l’action sociale, Christine Sénéchaux (CGT) détaille : ‘’Les mesures budgétaires annoncées ou projetées sont inacceptables, notamment au regard des effets directs sur les travailleuses et les travailleurs, les patients, les usagers, les retraités, les privés d’emploi, etc. Nos secteurs sont sous tension : manque de personnel, sous-financement chronique, conditions de travail dégradées, fatigue, épuisement, précarité.’’ L’oratrice annonce une mobilisation spécifique à ces secteurs le 9 octobre à Paris avec départ en car de Chartres (ouvert aux usagers : udgctsante28@gmail.com pour s’inscrire).
Un défilé dense et combatif
Le cortège qui démarre, derrière une banderole unitaire des 9 syndicats, va rallier la Préfecture après un vaste parcours dans le centre-ville par les places des Halles, du Cygne, Châtelet et Pierre-Semard. Les syndicats rassemblent derrière leur camion ou leur voiture sono. Diffusions de chansons (On lâche rien, Mouiller la chemise…) et slogans se mélangent ou se répondent dans une cacophonie assumée :
À commencer par l’incontournable : ‘’On est là même si Macron ne le veut pas…’’
‘’C’est pas à l’école, c’est pas à la santé, c’est pas à la justice qu’il faut s’attaquer / C’est les actionnaires qu’il faut faire payer !’’
‘’Sans service public / pas de République !’’
‘’Aides de l’État pour les écoles, pour les hostos / Pas pour les financiers’’
‘’La Sécu, elle est à nous ! On s’est battus pour la gagner / On se battra pour la garder’’
Et pour terminer, l’optimiste : ‘’Ça chauffe, ça brûle / Ça va péter !’’
Devant la Préfecture, la dislocation met longtemps à s’opérer, tant la force de la démonstration a donné de l’optimisme et alimente les conversations.
