18 septembre à Nogent : Marche populaire contre Macron et son monde

Si on la com­pare aux mani­fes­ta­tions de Châteaudun, Dreux ou Chartres, celle de Nogent-le-Rotrou est assu­ré­ment aty­pique… mais assez dans la conti­nui­té des divers mou­ve­ments sociaux qui agitent la capi­tale du Perche depuis quelques années. En effet, en ce jour de grèves et mani­fes­ta­tions ini­tiées par l’Intersyndicale natio­nale au com­plet, les dra­peaux sont res­tés au ves­tiaire1. Seules de rares cha­subles CGT étaient visibles au milieu des 160 per­sonnes dûment comptées.

Pas de dra­peaux syndicaux

C’était une déci­sion col­lec­tive déli­bé­rée pour mar­quer, sans doute plus pro­fon­dé­ment qu’ailleurs, la conti­nui­té avec la jour­née Bloquons tout du 10 sep­tembre. Les pan­cartes, pour par­tie les mêmes, lais­saient libre cours à l’imagination, l’inventivité et la varié­té des sujets qui motivent le ras-le-bol affi­ché sur une ban­de­role en tête de manif.

Prenons l’argent des actionnaires

Les slo­gans ne furent pas en reste : ‘’Macron démis­sion’’, ‘’Travaille, consomme et ferme ta gueule / de cette socié­té-là, on n’en veut pas !’’, ‘’Prenons l’argent des action­naires / Pour les retraites de nos grand-mères / Prenons l’argent des pos­sé­dants / Pour les retraites de nos enfants !’’, ‘’Ça nous fait mal / Justice fiscale !’’

Parole libre

Le micro ouvert à toutes et tous est aus­si une carac­té­ris­tique du contexte per­che­ron. S’il a peu été uti­li­sé au départ, sur le par­king du centre com­mer­cial des Gauchetières, il a été sou­vent sai­si au ter­mi­nus sur la place de la République vidée de ses véhi­cules. On a ain­si pu entendre :

►Comment, le gou­ver­ne­ment veut radier  des indem­ni­tés chô­mage de nou­velles per­sonnes avec une méthode à France Travail de plus en plus inhumaine.

► Que le plan Bayrou sur l’assurance chô­mage est main­te­nu et inquiète les inter­mit­tents du spec­tacle qui subissent déjà les réduc­tions de cré­dits impo­sés à la culture.

► Une auxi­liaire de vie à domi­cile qui ‘’gagne une misère’’ et qui clame ‘’c’est au peuple de se lever, il faut dire STOP !’’

► Un agri­cul­teur retrai­té qui s’en prend aux aides de la PAC : ‘’Elles ne sont pas à l’actif mais à l’hectare’’ ce qui béné­fi­cie aux grands céréa­liers. ‘’Il faut des aides justes !’’

► Qu’aux Gauchetières, il y a des loca­taires qui se retrouvent avec plus de 1000 euros de chauffage.

► Que les médias domi­nants ont atteint depuis le 7 octobre 2023 un niveau inéga­li­té de ‘’men­songes, coor­don­nés par les médias, de cen­sure, de silence, de dia­bo­li­sa­tion de tous ceux prennent la parole pour contex­tua­li­ser’’ et qu’un col­lec­tif Palestine du Nogentais s’est constitué.

► Qu’il faut s’adresser aux  élus régio­naux pour contes­ter l’investissement dans le mili­taire en région Centre-Val de Loire alors ‘’qu’il n’y a pas assez d’emplois dans le social, la santé…’’

Quelle suite au mouvement ?

Enfin, la ques­tion a été posée : ‘’Quelle suite on donne à ce mou­ve­ment ? Il va fal­loir que quelque chose sorte de la socié­té civile, que ça parte de la base…’’  Sans réponse immé­diate, mais une réunion est pré­vue au kiosque ce dimanche pour conti­nuer à y réfléchir.

Réflexion qui a pu conti­nuer en dégus­tant la ‘’belle, bonne et bio’’ soupe popu­laire pré­pa­rée par Maris-Andrée.

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  1. De même, le tract d’appel ne fai­sait appa­raître aucun sigle syndical.