Au cœur de Chartres : Mémorial aux enfants tués à Gaza

C’était un sou­hait des adhé­rents de l’AFPS de Chartres, depuis des mois : ins­tal­ler au centre de Chartres les 18 pan­neaux de la créa­tion artis­tique d’un artiste drouais Benoît Coignard, place des Épars. Cet ensemble est com­po­sé de 18 ban­nières rouges, cou­leur du sang, hautes de près de trois mètres et d’une œuvre allé­go­rique : un lan­dau et ses pou­pons entou­rés de scènes de des­truc­tions, l’ensemble sur­mon­té d’un nuage mor­tel. Sur les ban­nières sont impri­més les noms des 18 500 enfants tués à Gaza à la date de juillet 2025, vic­times de deux années de bom­bar­de­ments israé­liens. L’autorisation de la Préfecture étant acquise, après les ter­gi­ver­sa­tions du maire Ladislas Vergne, il a fal­lu ame­ner ce Mémorial, par la route, dans les condi­tions opti­males sou­hai­tées par l’artiste et l’AFPS de Dreux qui en est dépositaire.

 

’Mettre les incré­dules devant la réa­li­té crue’’

 

Lors de l’inau­gu­ra­tion de cette ins­tal­la­tion à Dreux, l’artiste a expli­qué ce qui a moti­vé cette créa­tion. Quelques extraits de sa prise de parole du 11 avril 2026 :   ‘’ Il fal­lait un outil pour mettre les incré­dules, les indif­fé­rents, les bien-pen­sants, devant cette réa­li­té crue et innom­mable qu’ils feignent d’ignorer […] Les 18 500 noms, pré­noms, âges, sexes ins­crits sur ces 18 grandes ban­nières forcent les regards à s’ouvrir […] si les mots nentrent plus dans les esprits, la créa­tion artis­tique a peut-être ses chances. […] L’œuvre d’art qui l’accompagne […] sym­bo­lise poé­ti­que­ment avec des jouets d’enfant le drame humain subi par les Palestiniens.’’

 

Mise en place labo­rieuse récom­pen­sée par les notes du houd

 

L’installation a été un moment cru­cial : trou­ver le bon empla­ce­ment et un peu et évi­ter que de nombreu/x/ses militant·e·s se retrouvent immobilisé·e·s à tenir les  impo­sants élé­ments. Une solu­tion fut trou­vée et le vent a su se faire oublier.

Puis, durant deux heures, des membres du Collectif d’Eure-et-Loir pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens,  des passant·e·s et des per­sonnes venues à l’appel des orga­ni­sa­tions et de l’AFPS Chartres ont médi­té quelque temps devant cette expo­si­tion hors du com­mun en écou­tant Hikmet, excellent joueur d’oud que l’association char­traine espère revoir bientôt.

 

Contraindre Israël à ces­ser le géno­cide et recons­truire Gaza

 

L’affluence n’a pas été aus­si impor­tante que sou­hai­tée par les militant·e·s, l’information ayant peut-être été insuf­fi­sam­ment dif­fu­sée, bien qu’un tract ait été dis­tri­bué sur le mar­ché de Mainvilliers et celui de Chartres. On peut y lire une décla­ra­tion des asso­cia­tions et par­tis poli­tiques du Collectif lis­tant des exi­gences. Notamment sanc­tion­ner le gou­ver­ne­ment israé­lien, ‘’en rom­pant les Accords d’Association éco­no­miques et cultu­rels’’ entre l’Europe et Israël, très favo­rables à ce dernier.

Le Collectif demande ‘’d’œuvrer en urgence pour que cette guerre géno­ci­daire cesse, pour qu’enfin les habi­tants de Gaza retrouvent des soins de san­té véri­tables, l’alimentation néces­saire, l’espoir d’une vie digne, pour que Gaza soit recons­truite au béné­fice de sa popu­la­tion et pour que cessent les actes de colo­ni­sa­tion illé­gale en Cisjordanie occu­pée ain­si qu’à Jérusalem Est.’’

L’AFPS Chartres annonce pré­pa­rer des ren­contres et des actions col­lec­tives dès le mois de septembre.