À Gasville-Oisème : Rentrée combattive contre le projet A154-A120

Les alertes se mul­ti­plient sur les inten­tions du pou­voir d’État de pour­suivre l’avancement du pro­jet A154 — A120. Dernière en date, un arrê­té pré­fec­to­ral du 14 août por­tant auto­ri­sa­tion de péné­trer et d’occuper tem­po­rai­re­ment les ter­rains pri­vés sur les ter­ri­toires des com­munes du tra­cé, Trancrainville (Eure-et-Loir) et La Madeleine-de-Nonancourt (Eure), dans le cadre des études, diag­nos­tics et tra­vaux pré­pa­ra­toires néces­saires à l’aménagement de l’autoroute contes­tée. C’est dans ce contexte que la Confédération Paysanne 28 orga­ni­sait same­di 29 août à Gasville-Oisème « un goû­ter paysan ».

L’État avance son pro­jet obsolète

Environ 250 per­sonnes avaient répon­du pré­sentes mal­gré les pré­vi­sions météo décou­ra­geantes, celles-ci sont deve­nues sup­por­tables avec une pluie très fine s’estompant. Amandine Dupuy et Magalie Dupont, à l’issue des prises de paroles, étaient satis­faites, et c’est sous un soleil bien­fai­teur que le goû­ter a débuté.

Des prises de parole convergentes

La tota­li­té des prises de paroles pour­raient consti­tuer un dos­sier très inté­res­sant mais trop long à détailler ici. Nous ten­te­rons de rendre compte de la diver­si­té des approches des intervenant·e·s, qui sou­vent déve­loppent les mêmes arguments.

Se mobi­li­ser pour la pro­chaine consul­ta­tion publique

Grégoire Bailleux, maire de Gasville-Oisème, com­ba­tif, lance un appel pour l’ultime consul­ta­tion publique au prin­temps pro­chain, orga­ni­sée dans le cadre de la Mission Régionale d’Autorité envi­ron­ne­men­tale (MRAe) pour laquelle il fau­dra être pré­sent et inter­ro­ger les élus qui sont sou­vent encore dans le déni et refusent de se responsabiliser.

Maximilien Vangeon, agri­cul­teur  au Gorget (Saint-Prest) ver­ra son exploi­ta­tion et ses terres cou­pées en deux alors qu’il pro­jette de se lan­cer dans l’élevage ovin.

Pour un mora­toire sur tous les pro­jets autoroutiers

Anne Stammbach-Terrenoir, dépu­tée La France Insoumise (LFI) de Haute Garonne, a évo­qué le pro­jet de loi d’un mora­toire sur l’ensemble des pro­jets auto­rou­tiers de France dont elle a été le rap­por­teur auprès du Secrétaire Général pour l’investissement. Elle explique que les dégâts éco­lo­giques ne peuvent pas être moné­ti­sés, mais on sait com­bien on peut gagner. Seul l’aspect éco­no­mique de ces pro­jets est pris en compte…

Développer le rail

Emilienne Lardy rap­porte le point de vue de la FNAUT (Fédération Nationale des Usagers des Transports) qui pro­meut les trans­ports publics. Entre autres, elle pré­cise que le pro­jet ne prend pas en compte la baisse du tra­fic rou­tier et l’augmentation du fret fer­ro­viaire et que les choix devraient por­ter à l’avenir sur le déve­lop­pe­ment du rail…

Pour des solu­tions alter­na­tives à un pro­jet archaïque

Tatiana Tirloy, nou­velle pré­si­dente de la Fédération Environnement Eure et Loir (FEEL), qui repré­sente qua­torze asso­cia­tions du dépar­te­ment et qui béné­fi­cie de l’agrément pré­fec­to­ral de l’environnement et du cadre de vie, espé­rait tra­vailler sur les besoins et les alter­na­tives des pro­jets de demain et non sur un pro­jet archaïque de qua­rante ans…

Saisir les moments élec­to­raux pour sanc­tion­ner les élus irresponsables

Les élus du Conseil Régional du Centre Val de Loire, Estelle Cochard et Jean-François Bridet, membres du groupe Écologie et Solidarité, font remar­quer que les échéances des élec­tions séna­to­riales et pré­si­den­tielles devraient don­ner l’occasion de se débar­ras­ser des élus irres­pon­sables. J‑F Bridet, pré­sident régio­nal de l’Agence Nationale de la Biodiversité dit : « Il n’y a pas d’emplois, pas de tou­risme, pas d’économie, pas d’alimentation, pas d’agriculture s’il n’y a pas de bio­di­ver­si­té, qui per­met toutes les formes de vie, de s’épanouir, condi­tion de notre san­té, de notre ave­nir et de la via­bi­li­té de l’endroit où nous sommes nés. Pour sécu­ri­ser notre ave­nir, nous avons besoin de l’empathie entre êtres vivants »…

Une logique d’au­baine pour l’État et quelques ”grands élus”

Francis Besnard, Maire de Fresnay‑l’Évêque, estime néces­saire de par­ler de l’argent public, il faut être extrê­me­ment lucide. Le pro­jet de l’A 154 repré­sente une logique d’aubaine pour l’État et quelques grands élus. Ça per­met à ces der­niers de faire por­ter des dévia­tions par le pri­vé et des contour­ne­ments d’agglo qu’ils n’ont pas pu ou vou­lu faire. Ce pro­jet est tout béné­fice pour l’État : deux mil­liards d’€uros inves­tis par le pri­vé contre quatre cents mil­lions de TVA qui vont entrer dans les caisses de l’État. D’autre part, celui-ci se débar­rasse de per­son­nels qui entre­tiennent la route natio­nale, ce qui lui coûte moins cher. C’est le pre­mier des pro­blèmes qu’il juge impor­tant de dénoncer.

Lecture de la péti­tion et des plu­sieurs textes de sou­tien à la lutte

Virginie Bouchard, agri­cul­trice à Tremblay-les-Villages, au nom du col­lec­tif  «NON A154 – A120» lit le texte de la péti­tion Greenvoice qui a cir­cu­lé en ligne et récol­té 27.350  signa­tures (pour signer suivre ce lien).

Benoît Coignard du GNSA (Groupe National de Sauvegarde des Arbres), dans un long texte plein de poé­sie, s’identifie à une noc­tule, espèce pro­té­gée de chauve-sou­ris pré­sente sur le tra­cé et égrène le rôle des forêts et des arbres pro­duc­teurs de CO2 et pro­tec­teurs du vivant.

Puis, c’est la lec­ture de trois textes envoyés par des dépu­tés qui n’ont pas pu être présents :

  • Christine Arrighi de la Haute-Garonne (Les Écologistes),
  • Béranger Cernon, élu LFI de l’Essonne et ancien cheminot,
  • Philippe Brun1, élu PS de l’Eure.

Priorité abso­lue à la res­tau­ra­tion du vivant

Pour finir, Caroline Duvelle, se pré­sente comme Amie de la Confédération Paysanne, se dit « Terrienne » et accorde la prio­ri­té abso­lue à la res­tau­ra­tion du vivant avec des moyens de mobi­li­tés douces et moins impac­tantes – et sur­tout ensemble.

Elle annonce une mani­fes­ta­tion, dans le cadre d’une mobi­li­sa­tion inter­na­tio­nale contre l’utilisation et la fabri­ca­tion de pes­ti­cides, à  Saint Pierre-la-Garenne dans l’Eure, le 3 octobre pro­chain devant le site de Syngenta. Cette action est ini­tiée par la Confédération pay­sanne, les Soulèvements, de la Terre, Cancer Colère et le col­lec­tif de Soutien aux vic­times des pesticides.

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  1. Il a par­ti­ci­pé au comi­té de sui­vi à la pré­fec­ture le 27 mai, il était enga­gé dans la lutte contre le pro­jet de contour­ne­ment de Rouen A133 main­te­nant abandonné.