Chartres : C’est la rue kétaeux… et à elles !

Devant le théâtre de Chartres, le 17 octobre, un quart d’heure avant le ren­dez-vous de 14 h., qua­si­ment per­sonne ! Et pour­tant à 14 h. 15, l’esplanade est déjà bien rem­plie et à 14 h. 30, au moment du départ du cor­tège, c’est plus de 1.000 participant·e·s qu’on peut esti­mer. D’autres les rejoin­dront ce qui per­met à L’Écho d’annoncer plus de 1.500 sur son site inter­net ! C’est une belle sur­prise que per­sonne n’avait vrai­ment vu venir dans la capi­tale de la Beauce et le signe d’un pro­fond mécon­ten­te­ment dans la popu­la­tion. Ce qui frappe c’est le bras­sage inter­gé­né­ra­tion­nel, des lycéen·ne·s aux retraité·e·s en pas­sant par les actifs et actives (au sens de l’INSÉÉ : en âge de travailler).

Un bras­sage intergénérationnel

Certains avaient sou­hai­té un ‘’retour des Gilets Jaunes’’ mais peu ont revê­tu la cha­suble, au maxi­mum une cin­quan­taine, quelques uns en tête. C’est peut-être le signe que l’amalgame entre les dif­fé­rentes caté­go­ries sociales est entrain de se faire et ne néces­site plus de mar­queur iden­ti­taire. Certes, on repère quelques dra­peaux d’organisations : Confédération pay­sanne, Solidaires, LFI, PCF… mais ils sont rares et ce qui domine lar­ge­ment ce sont les pan­cartes confec­tion­nées chez soi et affir­mant ce qui tient à cœur. Pour un fami­lier des actions syn­di­cales, c’est inhabituel

Les lycéen·ne·s en tête

Le dérou­le­ment de la mani­fes­ta­tion ne le sera pas moins ! Pas de prises de parole préa­lables et pas de ban­de­role de tête. Même les lycéen·ne·s, qui sont au moins une cen­taine, n’ont pas appor­té celle de leurs der­nières manifs. Pourtant, dès le départ, ils s’installent aux pre­miers rangs et lancent les slo­gans de leur lutte déjà enten­dus (voir nos comptes-ren­dus des 6 octobre et 13 octobre). Pendant les deux heures que dure­ra la mani­fes­ta­tion, c’est elles et eux qui seront les plus bruyants. Dans le corps du cor­tège, il y a besoin du méga­phone d’un mili­tant pour que la vita­li­té ne retombe pas !

Parcours impro­vi­sé !

Inhabituel aus­si, le par­cours. Comme il n’avait pas été négo­cié avec la pré­fec­ture, il s’est impro­vi­sé au gré des lycéen·ne·s, bifur­quant par­fois de façon inat­ten­due et obli­geant les poli­ciers qui enca­draient à cou­rir pour se remettre en posi­tion ! Tout autant sur­pre­nant, le cor­tège arri­vé place Marceau s’est sépa­ré invo­lon­tai­re­ment en deux, une par­tie  se ren­dant sur l’esplanade de la cathé­drale, l’autre fai­sant route vers la place des Halles… pour se retrou­ver ultérieurement !

La police renonce à main­te­nir la mani­fes­ta­tion hors de l’hyper-centre

Deux moments auraient pu créer des ten­sions. Le pre­mier quand les manifestant·e·s, après un pas­sage devant la pré­fec­ture reviennent sur la place des Épars et se dirigent vers l’hyper-centre. Une voi­ture de la police se pré­ci­pite et vient bar­rer la rue Delacroix. Après un arrêt et des hési­ta­tions les lycéens s’engagent quand même… la police cède et laisse pas­ser le flot.

Montée sur le Colisée !

L’autre moment cri­tique est ave­nue Jehan-de-Beauce quand les jeunes se mettent à cou­rir vers la gare. Au pre­mier pas­sage la gare avait été fer­mée, sans doute en sou­ve­nir de l’envahissement des voies lors  de mani­fes­ta­tions pour les retraites. Mais ce deuxième pas­sage n’ayant pas été anti­ci­pé, les portes étaient ouvertes. Après des hési­ta­tions, les jeunes, sui­vis de tou·te·s les manifestant·e·s, se dirigent vers… la pas­se­relle, vide de tout poli­cier, et montent sur le toit du Colisée n’envisageant pas d’accéder aux rails.

Aucun inci­dent

Cette mani­fes­ta­tion montre que, lorsque la police (qui était en nombre assez réduit par rap­port aux 1.500 per­sonnes) ne fait pas preuve d’agressivité, tout peut bien se pas­ser. Le retour jusqu’à la place des Épars, où des dis­cus­sions sur la suite du mou­ve­ment se sont tenues, s’est tran­quille­ment fait sur les trottoirs.