Chartres : Anti pass mais aussi antivax en liesse

On ne sait pas qui a appe­lé à ce ras­sem­ble­ment. La pré­fec­ture n’aurait eu aucune demande offi­cielle. Des par­ti­ci­pants affirment l’avoir su par le bouche-à-oreille ou avoir été infor­més par les réseaux sociaux, Chartres figu­rant sur une liste de villes. Quoiqu’il en soit, à 14 h. 45, ce same­di 31 juillet, sur la Place Châtelet à Chartres,  une impor­tante foule s’était ras­sem­blée, plus de 600 personnes.

 

Les anti­vax en tête de cortège

 

Arnaud, ouvrier métal­lur­giste, cha­peau de paille, muni d’une pan­carte dénon­çant : « BCE, FINANCE. ‘’ÉLITES’’ UNIES POUR NOUS ARNAQUER », et doté d’un méga­phone et de son iPhone prend la parole, se pro­po­sant d’animer la mani­fes­ta­tion et com­mence par dif­fu­ser un sketch de Bigard qui iro­nise sur celui qui est vac­ci­né mais qui est sus­cep­tible d’in­fec­ter d’autres per­sonnes non vac­ci­nées, donc para­doxe, selon l’humoriste : à quoi servent-ils ces vac­cins ? Les mani­fes­tants épar­pillés sur la place se sont appro­chés, atten­tifs, ils applau­dissent. L’animateur, qui se défend d’être com­plo­tiste, assène sans grand dis­cer­ne­ment de nom­breux thèmes tous sujets à controverse !

Puis il donne la parole à deux soi­gnantes anti-vac­cin, l’une explique son rejet total avec des argu­ments qui méritent d’être ana­ly­sés et dis­cu­tés, l’autre dénonce en vrac la mor­ta­li­té cau­sée par le vac­cin, l’en­ferment d’en­fants dans les Landes et explique le conte­nu de sa pan­carte, un mélange de déri­sions et d’arguments sérieux. Ces témoi­gnages recueillent appro­ba­tions et sont plé­bis­ci­tés. Les slo­gans sont éga­le­ment repris, on frappe dans les mains.

 

Un petit tour en ville et puis on danse

 

La mani­fes­ta­tion prend ensuite la direc­tion de la place des Épars. Comme la semaine der­nière, elle s’est peu à peu gon­flée : envi­ron 1500 per­sonnes ont défi­lé sur l’al­lée pié­tonne du bou­le­vard Chasles, puis par la rue Mathurin-Régnier, la place du Cygne, la rue du Soleil-d’Or avec une pause sur le par­vis de la cathé­drale avant de reve­nir au point de départ où l’événement s’est pour­sui­vi dans une ambiance de fête. L’animateur impro­vi­sé dis­po­sait de musique adap­tée, on a dansé.

 

Un mou­ve­ment popu­laire qui va dans tous les sens

 

Notre obser­va­tion de la semaine der­nière d’un mou­ve­ment très popu­laire se confirme avec tou­jours la pré­sence de pri­mo mani­fes­tants. On a le sen­ti­ment que beau­coup des per­sonnes pré­sentes éprouvent de la liesse loin de la souf­france du confi­ne­ment mais peut-être aus­si loin de la tutelle poli­tique ou syn­di­cale. Défoulement, insou­ciance trom­peuse, volon­té de conju­rer la mala­die tou­jours présente ?

Cela s’ins­crit dans la perte de repères et le dis­cré­dit mas­sif de la poli­tique, de la finance, du monde scien­ti­fique et médi­cal avec en toile de fond l’inquiétude d’un chan­ge­ment obli­gé face à la crise cli­ma­tique. Mais on ne trouve dans ce ras­sem­ble­ment aucune dénon­cia­tion tan­gible du capi­ta­lisme et on sent aus­si une très forte pré­sence des aspi­ra­tions natio­na­listes attes­tée par des dra­peaux tri­co­lores brandis.