Paroles de lycéennes, parents et enseignantes en manif le 13 octobre à Chartres
Ce mardi 13 octobre, dans les rues de Chartres, on trouve moins de participant·e·s que la semaine précédente mais la motivation n’a pas fléchi : personne n’a trouvé de réponse acceptable venant du gouvernement. Il s’exprime au contraire dans les conversations comme dans les prises de parole en fin de manifestation, une réprobation générale de la violence mise en œuvre par l’État contre les manifestations de la jeunesse lycéenne et universitaire.
Convergences des revendications lycéen·ne·s / salarié·e·s
Nous avons interrogé des personnes ayant décidé de participer à cette nouvelle manifestation. Leurs paroles s’accordent pour mettre au premier plan la dégradation de leurs conditions de travail. Si l’appel des syndicats visait la sécurisation des manifestations des jeunes, tout comme la présence de parents d’élèves, il avait aussi pour but de mettre en lumière la convergence des demandes récurrentes, et trop souvent ignorées, dans les services publics et l’enseignement, à tous les niveaux.
Soutien aux demandes des lycéen·ne·s
Hélène et Léa portent une pancarte qui clame : Stop a la mutilation de nos enfants. Elles se disent choquées par l’usage des LBD1, les jeunes tirés par les cheveux, les 4x4 des policiers fonçant sur les manifestant·e·s. ‘’On se croirait dans un pays totalitaire’’ expliquent-elles. Pour elles, il n’y a pas de doute : le mauvais état et même le délabrement de certains lycées sont une réalité. Elles considèrent que l’argent existe. ParcourSup est à leurs yeux un système sélectif, elles pensent que les jeunes devraient avoir droit à l’erreur en matière d’orientation post-bac.
Profs des écoles en grève
Des enseignantes de classes maternelles et primaires se sont déclarées en grève, elles disent comprendre les revendications des lycéen·ne·s et se sentent elles-mêmes en colère car leurs conditions de travail sont devenues difficiles. Virginie et Carole expliquent que les moyens manquent pour accueillir correctement ‘’une grande diversité d’élèves’’ dont les enfants ‘’porteurs de handicap’’ qui sont inclus dans les classes. Il faut tenir compte des disparités alors que manquent ‘’les moyens pour les accompagner’’, elles concluent : ‘’c’est à nous d’adapter.’’
Fils étudiant gazé par la police
Sophie, est elle aussi professeure des écoles et en grève. Elle a deux enfants étudiants dans deux villes universitaires. Elle peut témoigner sur les violences policières car son fils a été gazé et maltraité par les policiers. Elle s’étonne que la liberté de manifester, ‘’pourtant inscrite dans la Constitution’’, ne soit pas une réalité. Sophie n’accepte pas que les crédits soient abaissés ou supprimés, entraînant des fermetures de section : ‘’ce n’est pas normal que la plus grande université de l’Académie, à Tours, ferme la filière de Géographie, faute de dotation suffisante’’ dit-elle.
Locaux vétustes et journées surchargées
Non loin de la tête du cortège qui regroupe une cinquantaine de lycéen·ne·s, Maëlys et Lily , élèves du lycée Fulbert, se disent solidaires : ‘’On se bat pour tous les lycéens et lycéennes, de centre-ville ou de banlieue qui n’ont pas de bons locaux.’’ Elles manifestent aussi pour des horaires moins étendus et elles n’oublient pas les revendications Elles se plaignent d’une journée trop longue, de 8 h. à 18 h. ‘’C’est intenable parce qu’on ne prend pas en compte une ou deux heures de travail le soir à la maison, à quoi s’ajoute le temps passé dans les transports3.’’ Autres motifs de mécontentement : les étudiants sont ‘’en précarité’’, la lycéenne cite les dernières décisions de l’État : ‘’Il gèle les APL4, il veut faire payer (plus cher) la Fac », il veut augmenter les IRC5, les BTS et la Prépa.’’
La manifestation se dirige vers la Préfecture en lançant ses derniers slogans, avant les prises de parole.
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- Lanceurs de balles de défense.
- Accompagnant·e d’élèves en situation de handicap.
- Cette revendication est justifiée, la France étant dans le peloton de tête pour la longueur des journées de classe, au niveau européen.
- Aide personnalisée au logement.
- IRC : Master, post licence.
