Argumentaire n° 4 : Réduire le temps de travail imposé c’est bon pour les retraites…

Pour décryp­ter la réforme Macron-Borne des retraites, nous avons com­men­cé à publier deux argumentaires :

L’argumentaire n° 1 explique com­ment Macron veut bais­ser la part du PIB (pro­duit inté­rieur brut) affec­té à la pro­tec­tion sociale et pour­quoi il y a de l’argent pour les retraites… si on le veut bien.

L’argumentaire n° 2 montre que les femmes sont beau­coup moins payées que les hommes ce qui se réper­cute sur leurs pen­sions de retraite. L’égalité sala­riale appor­te­rait des mil­liards sup­plé­men­taires pour finan­cer la pro­tec­tion sociale.

L’argumentaire n° 3 montre pour­quoi Macron veut aug­men­ter la durée du travail.

À retrou­ver ici et ici

Aujourd’hui, l’ar­gu­men­taire n° 4 explique com­ment la réduc­tion du temps de tra­vail serait bon pour les retraites, et pas que…

 

Réduire le temps de travail [visuel 2]

…bon pour les retraites, la santé, l’écologie

 

Macron veut-il impo­ser du tra­vail « for­cé » ? Cela y res­semble. A l’écouter, il faut tra­vailler plus inten­sé­ment et plus long­temps : jusqu’à 64 ans à condi­tion d’avoir coti­sé 43 ans. Il veut obli­ger les chô­meurs-euses à accep­ter n’importe quel emploi en dimi­nuant leurs indem­ni­tés de 25% en durée, après l’avoir déjà réduite de 19% en prestation.

La loi Macron ren­force l’inégalité femmes/hommes dans le droit à la retraite. Les femmes devront tra­vailler plu­sieurs mois de plus que les hommes (de 6 à 9 mois en fonc­tion des géné­ra­tions) pou­ra­voir le taux plein.

Macron exige de tra­vailler plus pour avoir plus de richesses.
C’est du cynisme. Oui la richesse ne vient que du tra­vail, mais qui s’en empare ? Qui la pos­sède ? Une part revient au tra­vail, grâce aux luttes sociales et syn­di­cales, et une grande part au monde de la finance. Ce vol des fruits du tra­vail ali­mente les patri­moines et les reve­nus finan­ciers (divi­dendes). L’association OXFAM révèle des chiffres fara­mi­neux : depuis 2020, les mil­liar­daires fran­çais ont accru leur for­tune de 200 mil­liards, soit + 58%. Bernard Arnault pos­sède autant que 20 mil­lions de Français ! Les divi­dendes ver­sés aux pos­sé­dants du CAC 40 se sont accrus de 93% en 2021, pour atteindre 70 milliards.
Pendant ce temps, 65 mil­liards de coti­sa­tions patro­nales à la Sécurité sociale sont « allégées » !

La richesse doit appar­te­nir à celles et ceux qui la produisent !
Cela doit per­mettre une socié­té d’égalité femmes/hommes, plus de san­té et de démo­cra­tie au tra­vail, plus d’investissements dans la tran­si­tion écologique.

Réduire la durée du tra­vail (RTT) exploi­té sous la coupe des possédants :
La semaine de 32 heures per­met­trait 4 mil­lions d’emplois en plus (cal­cul CGT). Elle per­met­trait l’égalité femmes/hommes par l’accès aux métiers sans dis­cri­mi­na­tions, l’arrêt du temps par­tiel impo­sé à 80% aux
femmes, et un par­tage des tâches ména­gères. Elle per­met­trait d’alléger la charge de tra­vail dans les métiers pénibles. Avec la Sécurité sociale pro­fes­sion­nelle, la RTT à 32 heures per­met­tra de débattre démo­cra­ti­que­ment des fina­li­tés du tra­vail, des tran­si­tions éco­lo­giques en toute sécu­ri­té. À par­tir de 50 ans (les « seniors »), les tra­vailleurs et tra­vailleuses seraient valo­ri­sés dans leur tra­vail qua­li­fié, per­met­tant une trans­mis­sion des savoir-faire.
Les jeunes à par­tir de 18 ans doivent avoir un droit au tra­vail sans pré­ca­ri­té, au SMIC dès le pre­mier emploi, et à un pré­sa­laire s’ils sont en formation.